samedi 24 janvier 2015

Gardons le moral

C'est la fin du week-end, et qui dit dimanche soir, dit bien souvent cafard.

Du coup je pars pour ma séance de psychothérapie introspective hebdomadaire. En fait je me pose les mêmes questions que la plupart des personnes.

Où j'en suis ? Est-ce que c'est vraiment ce que je veux faire ? Était-ce vraiment une bonne idée de changer de voie ?

Le tout saupoudré d'une absence de motivation totale en pleine session d'examens.

Du bonheur à la pelle quoi.





mardi 6 janvier 2015

Quelle place pour les ESI en stage ?

De retour de stage, les conversations fusent entre les survivants, pardon les étudiants en soin infirmiers. Ce qui me surprend le plus, c'est la disparité entre les "bons" et les "mauvais" lieux de stage.
Ce n'est pas tellement les critiques ou les louanges des services ou des personnes qui m'a le plus amusé en fait, c'est surtout la vision que pourrait en avoir quelqu'un de complètement étranger à la pratique.
Aller rapidement je vous donne les meilleurs

http://fibro-infos.blogspot.fr/2012_04_01_archive.html

Florilège de formules pour nous motiver


"En premier ce que j'ai appris, ça a été d'esquiver les coups" (service psy)

"On a été complètement lâchés dès le deuxième jour. On été comme des titulaires. On pensait que les toilettes qu'on faisait leur permettait de gagner du temps sur leur planning. Tu parles on les retrouvait en salle de pause, café, clope, gâteaux. " (psy)

"ça clashait souvent, je te raconte pas quand on me demandais de prendre parti. Fallait toujours esquiver" (médecine)

 "Le problème c'est qu'un soignant te montre une technique et le lendemain t'es avec quelqu'un d'autre qui fait pas du tout pareil. Du coup tu te fais flinguer sur ta pratique." (commun)

" Quelle reconnaissance y a-t-il pour les esi (eide) ? On est pas grand-chose quand même" (infectio)

" Même si elle le disait pour rire, je suis sur qu'elle me l'aurait mis le coup de Vidal si je me plantais" (chir)

"Tu ne sais pas ce que c'est un PICC line ? On vous apprend quoi à l'école ? Ou alors t'es du genre qui sèche les cours ?" (chir)

"De toutes façons moi j'aime pas les étudiants" 

Etre étudiant en stage c'est un peu mission survie.


Mais au final il n'y en a que 2-3 qui ont abandonnés le cursus suite à leur stage. On continue donc tous ensemble.


Une grosse promo, mais pour le moment, tout le monde est content de se retrouver.


PS: l'image du guide de survie a été récupérée ici, c'est chouettos comme tout comme blog

mardi 16 décembre 2014

Souvenirs de caddies

Vous vous souvenez il y a quelques années, quant après les courses au supermarché on rangeait son chariot dans la grande rangée de caddie centiped ? Parfois quelqu'un venait vers nous avec une pièce pour échanger avec celle de notre charrette et on gagnait quelques secondes à ne pas ranger et ressortir la fameuse bête de fer.

Bon maintenant avec la généralisation des jetons c'est quand même beaucoup plus rare c'est vrai.

C'est pour ça que j'ai mis un peu de temps à comprendre ce matin quand une dame s'est approchée de mois ce matin en me tendant une pièce de 1€ pour me prendre mon "caddie".

Décidément Alzheimer nous réserve encore bien des surprises.

samedi 6 décembre 2014

Travailler en toute confiance

Quelque chose de marquant dans mon stage, c'est que les patients font (pratiquement) tous une confiance aveugles aux infirmières.
Quand c'est la distribution des médocs, c'est gobé en un instant sans trop savoir ce qu'il y a dedans.

Bon j’exagère un peu bien sur, certains traitements sont administrés à la demande et seulement si besoin, mais l'idée est là. 

Bon je pense avoir suffisamment couvert les IDE, on peut continuer.

Quid de l'infirmière et de la justice ?



Pourquoi tout ce speech ? Ben en fait quand on change de côté et qu'on regarde un peu avec l'oeil du pro, il y a un truc qui revient sans cesse: 
Se couvrir.

Toujours tout vérifier sois même, plusieurs fois et ne pas faire confiance aux préparations des collègues, même si elles sont ultra compétentes.
Il faut aussi vérifier que les prescriptions des médecins ne sont pas aberrantes ou contre-indiquées, que tout est inscrit, prescrit, retranscrit...

Bref tout ça pour qu'en cas de pépin, on ne puisse pas (trop) charger l'IDE, fautive ou non d'ailleurs.


Bon il faut quand même ne pas oublier qu'on travail avec des personnes en plus ou moins mauvaise santé et à qui on fait passer des substances assimilées à des drogues avec un potentiel pouvoir létal. 
Et ouai on déconne pas quand même.

Mais ça fait drôle quand même de voir que dans un service où tout se passe bien, deux collègues qui s'entendent bien et qui se reconnaissent compétentes, se vérifient systématiquement toutes manipulation quelle qu'elle soit.

Mais c'est plutôt flippant d'entendre régulièrement que en cas de pépin, l'IDE va manger d'une manière ou d'une autre

...

mercredi 3 décembre 2014

J'ai peur d'oublier

Les jours raccourcissent, la température dégringole alors autant vous dire que je suis bien mieux sous la couette avec mon chocolat que dehors à faire mon footing sous les premier pseudo flocons. Comme du coup j'ai un peu de temps, je viens de terminer "J'ai peur d'oublier" de Fabienne Piel.


Alors le speech: Fabienne, une éleveuse de chiens de renommée internationale, passionnée par son activité ne remarque pas les moment d'absence qui s'accumulent au quotidien. Jusqu'au jour où elle oublie pendant plusieurs jours sa chienne dans le coffre de sa voiture.
A partir de là, elle va commencer à se poser des questions sur ce qui ne tourne pas rond dans sa tête et, après quelques mois compliqués de recherche, le verdict tombe. Lourd et sans appel, Fabienne a la maladie d'Alzheimer

Comment est-ce possible, elle qui n'a que 43 ans ? Sa vie se transforme alors en combat. Contre la maladie bien sur, mais aussi contre le système médical et social qui ne reconnaît pas les "jeunes malades".
Par péripéties, Fabienne nous raconte l'évolution de sa maladie et les conséquences qu'elle a sur sa vie professionnelle et familiale, mais aussi les tempêtes de sentiments qu’entraînent chez cette femme de nature plutôt froide la progression de ce mal qui la ronge.
On avance avec elle dans cette lutte perdue d'avance pour ne rien lâcher et rester toujours la plus indépendante possible. Elle nous offre la perception de ce nouveau monde qui l'entoure, mais également le point de vue de sa famille, premiers aidants à ses cotés. 


Alors vraiment je suis partagé sur ce livre.
En effet d'un côté on a toute la partie qui raconte les difficultés engendrées par la maladie (incompréhension, non reconnaissance...) mais de l'autre, ce livre est écrit de façon tellement personnelle qu'on a surtout l'impression qu'il s'adresse à elle-même. Ou éventuellement à sa famille très proche.
Il y est raconté certaines choses qui n'ont pas leur place dans l'ouvrage autre que de remémorer de bons moments à l'auteur.
Du coup on se perd un peu entre les parties pas forcément très guillerettes mais particulièrement intéressantes et d'autres parties qui frôlent le radotage.

Le mieux, c'est que chacun le lise et s'en fasse une idée propre. Après on met les idées en commun et PAF !
Ça fait des Cho...

Bref un livre qui mérite quand même d'être reconnu.

mardi 2 décembre 2014

Du moment que ça tient

Après quelques jours de prise en charge particulière d'un patient, j'ai réussi à convaincre ce monsieur qui passait son temps entre son lit et son fauteuil de se déplacer seul (à peine armé de son déambulateur) jusqu'au lavabo de sa chambre pour faire sa toilette.

Quelle victoire quand on connaît le personnage. 
En plus d'un AVC massif relativement récent, ce monsieur a un véritable caractère de cochon. Imaginez un peu alors ma joie quand je le vois se lever après moult négociations.

Et ce n'est pas tout, en plus de cela, monsieur a même daigné se laver seul !

Alors oui forcément dis comme ça, ça ne vaut pas forcément le spectacle de mi-temps du Superbowl, mais croyez moi, à deux dans notre petite cabine de douche, je jubilais intérieurement.

En fait si je raconte tout ça c'est parce que je me suis rendu compte de quelque chose de pas si étonnant en fait.

Ce monsieur n'est pas forcément la personne la plus facile à vivre que je connaisse loin de là, mais avec son passif on peut envisager qu'il ne soit pas au top niveau moral.
Mais le fait de lui avoir porté attention tout les jours, que je m'adresse vraiment à lui, que je fasse certaines choses pour lui et pas uniquement parce que c'est prescrit, c'est très certainement cela qui l'a déridé un peu.

Pas de grande révolution dans le soin


En fait en plus des soins que je pouvais lui prodiguer, je lui ai apporté du temps à ce monsieur et de l'attention.
Deux choses qu'il n'avait encore que trop peu reçu jusque là.

Alors attention, que les choses soient bien claires, je ne remet en aucun cas en cause le travail des AS, ASH et IDE qui travaillent auprès de ce monsieur.
Les personnes que j'ai croisé qui étaient en charge de ce monsieur prenaient le plus de temps qu'ils leur était possible pour lui. Elles le stimulaient, lui parlait, tentait de le comprendre et de le faire progresser.
Oui elles faisaient de leur mieux et je veux que cela soit bien clair avant de continuer.

Le problème ici n'est pas du côté des professionnels de santé que j'ai rencontré. Il est clairement du côté de l’organisation du service et de toutes façons, de l'organisation du milieu médical lui même.
Comment 5 AS peuvent elles réussir à servir les repas, les débarrasser, faire les toilettes, les lits, les chambres, prendre du temps pour leurs patients tout ça avant midi ?
Et encore, je suis dans un service de "seulement" 40 lits.
Une AS m'a expliqué qu'à son école, on lui avait enseigner qu'il fallait passer normalement 45 minutes par patient pour une toilette.

Rapide calcul, avec 36 lits occupés ça fait environ 5h et 20min par matinée et par AS. 

A partir de là oui c'est jouable, même si ça déborde un peu sur le repas de midi. Mais après tout, les personnes peuvent bien attendre, même si elles baignent dans leur change, même si leur famille doit venir les voir, on s'en fiche de toutes manières comme elles ne parlent pas, elles ne peuvent pas se plaindre.

Et pour les IDE, elles ont la chance les bons jours d'être deux. Alors autant vous dire que pour réussir à gérer tout le monde, la première perf de la journée c'est du café en iv pour elles.

La révolution est en marche... ou pas


Mais bon c'est surement pas un petit étudiant de première année qui va refaire le monde, surtout que d'autres si sont déjà penché à coup sur.

Et puis après tout, du moment que ça tient...

jeudi 27 novembre 2014

Mais en fait la gène c'est quoi ?

Quel bonheur en cette fin d'année que de travailler avec un monsieur qui ressemble beaucoup au Père Noël.
Sauf quand son cadeau bien emballé dégage des odeurs perceptibles dès l'entrée dans la chambre.



Le plaisir de la toilette matinale


Bon passons le plaisir que j'ai matinalement à aider "mes" patients à emballer leurs cadeaux soigneusement laissé dans leurs change et passons à ce qui suit immédiatement après: la toilette.

C'est quand même un moment qui tout au long de notre vie (ou presque) se fait seul et soi même. 
Un moment intime où l'on sait ce que l'on veut, comment on le veux. Ne pas frotter trop fort, mais assez quand même pour se sentir propre; ne pas y aller trop franco avec la petite bête devant alors qu'on sort les biceps pour la grosse de derrière.

Sans s'en rendre compte, on se bichonne soit-même.

Oui mais voila, comment savoir lorsqu'on le fait sur quelqu'un si on répond à ses attentes. Si on est pas en train de le ou la malmener.
C'est tout bête mais en fait ça peut aller loin comme réflexion.

Quid de la pudeur ?

Bien sur que l'on se doit de tout faire pour respecter au maximum cette pudeur, mais il y a bien un moment où pour certaines personnes on est obligé de prendre son courage à deux mains, une paire de gant et de faire tomber le slipou, dernier rempart protecteur d'une kekette ou d'une choupinette.


Bientraitance ? Humanitude ?

Notre comportement se doit d'être parfaitement neutre et normalement, en adoptant une juste distance, la personne dans le lit doit être le moins gênée possible.

Mais ce matin je me suis posé une question. Avant de la partager avec vous, je vous remet un peu dans la situation.

Madame K se fait aider pour sa toilette par une AS qui lui lave le dos au moment où je rentre dans la chambre pour prendre les constantes de Madame D, voisine de chambre de Madame K.
En me voyant, Madame K râle, me lance quelque chose comme "allez-y rincez vous l’œil" d'un air des plus aimable tout en se rétractant sur elle-même. 
L'AS lui explique alors que je "travaille ici", que je suis élève infirmier. Et là, Madame K se détend complètement, et la toilette reprend son cours comme si de rien n'étais.

Du coup ma question est la suivante: qu'est ce qui transforme l'être humain avec ses vices en un soignant parfaitement asexué qui n'a que faire de nos revers et surtout de notre derrière ?
Est ce que notre superbe tunique taillée par les plus grands couturiers du pays nous donne un pouvoir de neutralité absolu ?

Et à l'inverse, qu'est ce qui fait qu'à un moment donné, certaines personnes n'ont plus du tout de pudeur. Plus du tout de sentiment de gêne face à l'autre.


L'âge ? L'habitude ?


J'ai lu il y a quelques temps un livre témoignage d'une femme qui raconte sa fin de vie. Elle nous explique comment son corps à force d'être ausculté, scruté, manipulé tout les jours, n'est plus un objet de pudeur ou de désir, mais juste une masse de chaire neutre.


Je vais retrouver la référence pour la prochaine fois.
Mais voilà ou je voulais en venir.

Je n'ai pas encore de réponse. Je lit un peu ce que je pioche sur la gêne, la pudeur, le corps. 
Mais même mes fiches concepts ne me servent pas ici.

Encore de quoi occuper mes nuits d'insomniaque...